TDF: Le Galibier, ça passe ou ça casse

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tour de france,col du galibier,cyclismeOn nous promettait un Tour de France exceptionnel, digne des grandes passes d'armes d'antan. On nous disait qu'"ils" feraient de cette grande Boucle un exemple du genre, avec de réels affrontements entre cadors. On espérait, tout le moins, ne plus revoir des étapes se limitant en un semblant de duel, tantôt escamoté par un saut de chaîne, tantôt frôlant le ridicule et la parodie de course cycliste. Quatre jours nous séparent de l'arrivée à Paris, et nous restons sur notre faim. Certes, certains commencent à se réveiller, mais heureusement que les "seconds couteaux" prirent la parole, et nous offrirent du spectacle.

Chute, quand tu nous tiens

Une première semaine réservée à la nervosité, comme ils disent, et se déclinant sous la forme de chutes à répétition. Une très longue liste d'abandons (18): Van De Walle, Brajkovic, Kern, Kiryienka, Velasco, Wiggins, Boonen, Pauriol, Horner, Intxausti, Txurruka, Van Den Broeck, Willems, Garate, Zabriskie, Vinokourov, Brutt et Poels quittèrent l'épreuve avant la première journée de repos à Le Lioran Cantal. Malades ou victimes de chutes, même très graves à l'image de Vinokourov qui met un terme à sa carrière, ces défections pesèrent lourdement sur les équipes. Omega Pharma-Lotto perdait trois éléments, alors que Philippe Gilbert faisait la pluie et le beau temps au sein du peloton. Radioshack devait se séparer de deux pions majeurs, tandis que Quick-Step voyait ses chances de victoires au sprint s'envoler.

Bien loin de trouver une quelconque accalmie dans la perte de combattants, la seconde partie de l'épreuve fut pratiquement aussi meurtrière. Les Popovych, Kolobnev, Gadret, Galimzyanov, Feillu, Boom, Klöden, Steegmans, Isaichev, Bonnet et Tiralongo ne purent poursuivre l'effort et capitulèrent. A quatre journées du terme, cela fait beaucoup, car à quelques exceptions près ce ne sont pas des "sans grade" qui durent déclarer forfait.

Le Galibier, ce premier réel fait d'arme?

Ces chutes eurent aussi pour conséquences de placer des écarts entre favoris, bien avant les grandes explications. Mais qu'à cela ne tienne, on a le temps de voir venir, les Pyrénées devraient faire la différence. Ben, non. Si ce n'est pas là ce sera pour les Alpes. Ben, peut-être. En effet, à force d'attendre que se dévoile vraiment les intentions, on perd le goût de suivre. C'est à ce moment, sur un terrain très peu propice, sur des "côtes qui ne ressemblent à rien" (dixit Maxime Monfort) que le spectacle commence. La Côte de Manse (2ième catégorie) donna l'occasion, dans un premier temps, à Alberto Contador de tuer les pattes du canard. Ce Monsieur, que tous les "grands observateurs" donnaient pratiquement à l'agonie, pas à son niveau du Giro, se permettait de placer trois banderies, juste pour se tester, juste pour les tester. Et cela réussi. Hier, bien que pointé à plus de cinq minutes du futur vainqueur, le Norvégien Boassen Hagen, l'Espagnol remit le couvert, accompagné par son compatriote Samuel Sanchez (dont certains crièrent déjà à la coalition). 'El pistolero" n'est pas mort, et d'ailleurs qui voulait le tuer ?

Trois étapes très difficiles restent en jeu. L'arrivée du mythique Galibier, dont on faite les 100 ans de Tour, ce jeudi 21 juillet, devrait nous apporter son lot d'événements. Si ce n'est pas le cas, alors le Tour de France perdrait de sa superbe, à l'inverse des deux autres Grands Tours. Mais nous n'en sommes pas encore là, et tout porte à croire que les forçats de la route mettront tout en oeuvre pour sortir leurs tripes, et offrir "enfin" ce que les amateurs de la petite reine attendent: la bagarre, tel de vrais gladiateurs sur leurs drôles de machines.

Contador, Evans, Andy et Frank Schleck, Basso, Samuel Sanchez, Cunego et Thomas Voeckler doivent nous sortir le grand jeu. Et qu'on ne vienne pas nous dire que sur le Col d'Agnel (2744 m), le Col d'Izoard (2360 m) et le Galibier (2645 m), en passant par le Lautaret, il n'y a pas moyen de faire résonner les trompettes, et de sonner la charge. Non, nous ne pouvons pas croire à un nouveau camouflet. Impossible n'est pas Français, apprenait-on à l'école. Alors Messieurs les coureurs, montrez-nous de quoi vous êtes capables, et dans le bon sens, cette fois, sans artifice. Merci.

Par Robert Genicot - Photos ©: ASO/Le Galibier en 1911

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