Bienvenue en Afghanistan pour la course la plus dangereuse au monde

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cyclisme, Afghanistan, Taliban, Tour de BadakhchanIls sont 43 et viennent des quatre coins de l'Afghanistan. Entre 18 et 37 ans, ils vont rouler plus de 550 kilomètres à travers un pays toujours fragile, entre talibans et soldats, sur des terres hostiles où il vaut mieux se munir d'un gros 4x4 plutôt qu'un vélo pour fuir des combats qui ont déjà ravagé de nombreux villages. Bienvenue en Afghanistan pour le Tour de Badakhchan.

La fédération afghane de cyclisme, qui existe depuis 1982, a décidé d'offrir une chance à ses coureurs de participer aux prochains Jeux des Pays de l'Asie du Sud, via une épreuve qualificative hors-norme. Non pas par son dénivelé ou son parcours. Mais plutôt par son tracé à travers les plaines hostiles talibans. Un défi incroyable pour l'organisation afghane qui souhaite démontrer que ce pays est bien en train de se reconstruire après une guerre qui ne semble pas prête de se terminer. Depuis ce lundi, ils sont donc 43 cyclistes, pratiquement tous amateurs ou espoirs, pour faire la légende sur plus de 550 kilomètres de routes abruptes et pas forcément destinées à la pratique du vélo.

Les 15 premiers aux Jeux des Pays de l'Asie du Sud

Ils sont partis de Kaboul, la capitale afghane, pour rejoindre Jabul Saraj. Le lendemain, un attentat suicide a visé le gouverneur provincial à quelques 500 mètres de l'autoroute sur laquelle les cyclistes ont attaqué à perdre haleine pour espérer empocher une place qualificative en vue des Jeux des Pays de l'Asie du Sud. Car voici le cadeau récompensant ces véritables forçats de la route: les 15 premiers auront droit à leur places pour cette compétition, disputée au Bangladesh en août prochain.

Après un passage sur des territoires talibans où le risque d'attentat est plus qu'élevé, les coureurs se dirigent vers Pul-i-Khumri, Kunduz, Takhar avant l'arrivée à Faizabad, la capitale de la province du Badakhchan. Un périple de huit jours qui couronnera tous ces champions. Car l'Afghanistan est loin d'être une terre de cyclisme. Si le vélo est utilisé un peu partout dans le pays pour le transport, à peine près de 200 cyclistes se sont lancés dans la compétition, dont 20 femmes.

Ouzbekistan et Kazakhstan, les modèles

Mais ce que ces cyclistes souhaitent avant tout, c'est que le gouvernement prenne conscience que ce sport mérite un peu plus d'intérêt. A l'image du voisin ouzbekh, où l'un deux, Sergey Lagutin, s'en sort bien dans les pelotons professionnels, ou encore en prenant l'image du Kazakhstan, qui retrouve une nouvelle vie sportive depuis l'arrivée d'un certain Alexandre Vinokourov. Toutefois, on est encore loin de retrouver des professionnels afghans sur les routes européennes. Mais sur le circuit asiatique, ces coureurs pourraient déjà faire leur trou. Et pourquoi pas accéder aux championnats du monde. L'Union Cycliste Internationale réussirait à coup sûr, son objectif d'internationalisation de la Petite reine.

Grégory Ienco - Photo: Max Whittaker (http://maxwhittaker.photoshelter.com)

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Commentaires

  • Courageux. Finalement, chaque Etat au monde a droit à rejoindre la grande famille du sport cycliste.

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