31/05/2011

Plumelec, le rendez-vous des cyclistes

DSC08079.jpgIl y a des régions dont on sait qu’elles sont bercées depuis des lustres par le cyclisme. Certains fiefs sont parfois plus marqués que d’autres à ce niveau là et le revendiquent fièrement. Plumelec fait partie de ces contrées qui affichent clairement leur passion de la petite reine.


 

Comme rien n’est trop beau pour réunir la grande famille du vélo, les organisateurs ont choisi de "caler" 3 jours de suite pour satisfaire chacun.

Dès vendredi, tous les cyclos ont pu se mesurer à Bernard Hinault. La cité morbihannaise avait servi de rampe de lancement au blaireau sur le Tour de France 1985. Le quintuple vainqueur de la Grande Boucle avait grimpé la fameuse côte de Cadoudal en se frayant un chemin parmi une foule digne des plus grandes étapes de montagne.

DSC07999.jpgCe week-end encore, Cadoudal était LE rendez-vous. Tout le monde n’avait que cette ascension en tête dès le matin. D’ailleurs chacun en parle comme de l’endroit à être ! Cette montée change tout. Les coureurs sont tous très concentrés. Même sollicités par leurs supporters, ils ont du mal à sortir de leur bulle. De leur côté, les passionnés, qui encourageront les coursiers dans quelques minutes, sont pressés par cette ascension légendaire. Oui ils veulent faire le tour des équipes avant le départ, comme d’habitude ! Oui, ils veulent aller au podium pour la présentation des athlètes par l’éternel Daniel Mangeas, comme d’habitude. Oui ils veulent avoir leur place habituelle à Cadoudal, forcément !

Seulement voilà, il faut jouer serrer question timing pour tout faire. Certains prolongent même le plaisir au bus, certains coureurs sont d’ailleurs en retard à l’appel pour la signature. Mais on leur pardonne tout, après tout, tout le monde se connaît ici.

Le départ donné, tout le monde s’éparpille. C’est la course vers la côte des exploits d’Hinault. On se presse par tenté d’avoir la meilleure place, pas pour voir les coureurs ! Enfin pour le moment ! Certains sont là depuis quelques jours déjà. Le cyclisme aujourd’hui c’est un salon du camping car itinérant.

Chacun a trouvé son emplacement. Avant même de se restaurer, la 1ère chose à faire est de préparer l’appareil photo, le camescope, le drapeau, le mégaphone. Le matériel testé, tout le monde s’adonne aux joies des 1ers pique-niques de l’année. On croirait un pique-nique à la "facebook". Sauf que là personne n’interdit le rassemblement, au contraire !

Les minutes tournent, un véhicule apparaît, puis 2 puis 3. Quelques motos. Voilà les champions arrivent. C’est parti pour un festival d’efforts durant toute l’après-midi. Les coureurs vont monter Cadoudal à 13 reprises.

Pour ce premier passage, les cyclistes sont encore fringants. Certains coincent déjà un peu face aux 1400 mètres DSC08292.jpgd’ascension à 6,5% de pente moyenne. Au fur et à mesure les puncheurs et les grimpeurs se révèlent. Les visages frais en début d’épreuve se font de plus en plus crispés. Comme le dit l’expression, les forçats de la route "se font  mal à la gueule" en montant Cadoudal.

On sent la pression monter partout. Sur la route et sur le bord de la route. Avec quelques Néerlandais de plus dans le décor, on se croirait à l’Alpe d’Huez. L’ambiance est festive, les prénoms et les noms des athlètes fusent dans les airs. Les coureurs se reconnaissent et ont repéré depuis quelques tours déjà qui les soutient et où sont leurs supporters.

Pris par le fil des évènements, on finit par ne plus savoir combien de tours il reste. On se plonge dans les estimations horaires des passages. Parce que bien sur…personne n’a pensé à compter combien de fois il avait vu tous les champions du jour défilés devant lui.

Il est 16h00. Les 1ers mouvements de foule débutent. Peu à peu, les spectateurs vont quitter Cadoudal pour rejoindre le sommet de l’ascension et l’arrivée. Là c’est une autre histoire encore qui commence. Il faut se faire une petite place le long des rambarbes sans gêner ceux qui y sont collés depuis 9h00 le matin. Mais tout se passe bien. Après tout on est tous là pour voir du vélo. Alors on se serre les coudes. Et tout se passe bien.

Daniel Mangeas chauffe le public pour l’arrivée en narrant comme il en a le secret les derniers kilomètres. Il annonce un regroupement général. C’est pas vrai ?! Avec toutes ces montées, ils sont encore tous là ? Et bien oui, 30 coureurs se présentent, la clameur monte le long de la route. On sent les athlètes usés par la répétition des efforts aller chercher les dernières forces dans leurs jambes et dans la tête pour faire le meilleur classement possible.

Et voilà le Grand Prix est passé. Le rituel recommence, le monde se disperse vers les bus des équipes pour refaire la course avec les champions exténués par la chaleur et la difficulté du circuit. Et puis, tout le monde se quitte, au fait c’est pour quand la prochaine ? Là les réponses varient ! Mais la Vendée et son départ du Tour semble bien présent dans toutes les têtes.

22:03 Publié dans Webzine | Commentaires (0) | | | |  Imprimer

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