La dissolution du cyclisme est-elle en marche?

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Challenge de Majorque - Peloton.jpgA l’heure où les classiques printanières refont vibrer les amateurs de la Petite Reine aux quatre coins du monde, le monde du cyclisme n’a jamais semblé aussi diviser. Entre les dirigeants des équipes, les coureurs et la fédération internationale, il existe désormais un fossé qui sera difficile de boucher, tant le conflit a traîné en longueur. Officiellement, les oreillettes en cause. Mais dans les coulisses, on parle de tout un système à revoir.

Par Grégory Ienco.

Depuis le début de la saison, le feuilleton sur les oreillettes ne cesse de prendre une tournure psychodramatique. Après des discussions animées sur le Tour de San Luis et le Circuit Het Nieuwsblad, après une action rondement menée à Majorque avant une manifestation manquée au Tour d’Oman, les coureurs ont une nouvelle fois décidé de faire valoir leur précieuse oreillette le samedi 26 mars prochain sur le GP E3, la Semaine Coppi et Bartali et le Critérium International. Même le syndicat des coureurs, les Cyclistes Professionnels Associés (CPA), approuve la nouvelle par la voix de Gianni Bugno.

Cependant, au-delà de ce combat pour récupérer la radio dans les oreilles, les équipes professionnelles ont d’autres idées derrière la tête. Dans le peloton, il se murmure qu’une alliance entre la Saxo Bank et RadioShack serait à l’ordre du jour afin de faire sécession face à l’Union Cycliste Internationale (UCI), l’autorité chargée de régir le monde cycliste. Cette idée ne date toutefois pas d’hier. Il y a six ans, à la création du ProTour, ce nouveau circuit international regroupant les « meilleures » courses du calendrier, les équipes et organisateurs avaient crié au scandale. Surtout les organisateurs qui, sous l’égide d’ASO, organisateur du Tour de France (et de bien d’autres épreuves), avaient décidé de se lancer dans un circuit parallèle.

Le 1er mai comme date butoir

Mais après s’être retiré du ProTour,  les organisateurs avaient laissé le projet lettre morte et ils revenaient finalement auprès de l’UCI, en 2010, avec quelques revendications finalement acceptées par la fédération internationale. L’incident était clos. Et désormais, ce sont les équipes qui montent au front et décident de faire valoir leur voix. Tout cela a débuté avec les oreillettes, cela continuera sur le thème de la représentativité des différents acteurs du monde cycliste dans les plus hautes instances.

L’Association Internationale des Groupes Cyclistes Professionnels (AIGCP) a encore fait grimper la pression, ce jeudi, juste avant Milan-Sanremo. « Si l’utilisation des oreillettes sur toutes les courses cyclistes professionnelles n’est pas permise avant le 1er mai prochain, toutes les équipes ont signé un accord stipulant simplement que nous n’allons pas participer au Tour de Pékin, qui est le seul événement cycliste professionnel que l’UCI ne peut pas gouverner mais promouvoir », confirme le communiqué de presse de l’AIGCP. « L’objectif de cette action est d’assurer que toutes les personnes qui travaillent actuellement dans le monde cycliste puisse avoir un droit de vote dans ces règlements. Nous espérons que l’UCI deviendra notre partenaire dans cet objectif ».

RadioShack et Saxo Bank en tête

Mais la RadioShack et la Saxo Bank souhaiteraient plus que ce boycott et ce retour des oreillettes, tout comme la Garmin de Jonathan Vaughters, président de l’AIGCP. Toute la question de la gouvernance au sein des autorités cyclistes fait débat. Le CPA et l’AIGCP, qui représentent les syndicats des coureurs et des équipes (même si le Mouvement pour un Cyclisme Propre est également en charge de nombre d’équipes, françaises notamment), souhaitent être représentés auprès de l’UCI pour les votes concernant les règlements pour les prochaines saisons, concernant le calendrier ou encore un nouveau système de classement, moins rigide et plus transparent que celui qu’a utilisé l’UCI l’an dernier.

Les coureurs seront donc déjà heureux de retrouver leurs oreillettes si l’UCI décide de faire marche arrière mais rien n’indique que les équipes vont être satisfaites de cette simple revendication acceptée. Et si celles-ci créaient leur propre circuit ? De nouveaux règlements, des courses qui seraient dans un calendrier et non dans l’autre, des nouvelles règles concernant le dopage également… Comment cet affront serait en outre perçu auprès de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), le Comité International Olympique (CIO) ou encore des autres disciplines cyclistes (piste, VTT,  cyclo-cross…) ? La zizanie guette mais heureusement, tout est actuellement sous contrôle… Jusque que ce samedi 26 mars du moins.

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