Saison 2010: les plus belles révélations

Catégories : Rétro 2010

Peter Sagan - Liquigas - Paris-Nice 2010.pngCertes, cette dernière saison n’a pas permis de découvrir une nouvelle génération dorée mais les quelques jeunes qui se sont montrés en 2010 ont prouvé qu’ils allaient être certainement de futurs cracks. A commencer par Peter Sagan, impressionnant de pugnacité à seulement 20 ans. Mais il n’est pas seul dans la file des prétendants à une place bien au chaud dans les pelotons…

Par Grégory Ienco.

Peter Sagan (Svq/Liquigas)

Dans le peloton, on l’appelle « Chuck Norris ». Il n’a pourtant pas la moustache imposante de l’acteur-karatéka-protecteur de la veuve et de l’orphelin américain. Mais il a ce style dominateur, prêt à tout pour parvenir à ses fins : le succès. A seulement 20 ans, Sagan a déjà marqué de sa patte le calendrier 2010. Dès le mois de janvier, il se montre dans l’échappée finale de l’étape-reine du Tour Down Under aux côtés d’Alejandro Valverde, Cadel Evans et Luis Leon Sanchez. Du lourd. Deux mois plus tard, on le retrouvait sur les routes de Paris-Nice pour un festival d’attaques qui allait le propulser au rang de jeune espoir prometteur. Dès la deuxième étape, il manquait de près la première place avant une victoire sur les hauteurs d’Aurillac qui montraient déjà ses qualités de puncheur. Et deux jours plus tard, il récidivait et prouvait qu’on pouvait compter sur lui pour le reste de la saison. Et en effet, fin avril, il trouvait encore le chemin de la victoire sur le Tour de Romandie avec le maillot jaune de leader en prime (pour deux jours) avant de conquérir deux nouveaux succès sur les difficiles routes du Tour de Californie face aux Michael Rogers et Levi Leipheimer notamment. La suite de sa saison restait finalement plus calme avec des places d’honneur notamment à Philadelphie, en juin, avant un Top-10 sur le GP de Plouay et une 2e place sur le GP de Montreal. Bref, le Slovaque a encore du chemin à parcourir mais à 20 ans, on tient peut-être déjà un futur crack du peloton. Attention cependant, la saison de la confirmation est toujours la plus compliquée.

Tejay Van Garderen (USA/Team HTC-Columbia)

Dès ses débuts chez les espoirs, le coureur américain semble atypique. Au lieu de faire ses classes aux Etats-Unis comme la plupart de ses compatriotes, il préfère se lancer sur les routes européennes dès ses 19 ans chez Rabobank Continental. Quelques étapes sur les meilleures courses par étapes du circuit et voici Van Garderen prêt à rejoindre la meilleure équipe du moment, HTC-Columbia. Et le jeune homme a des qualités à revendre. Neuvième en Algarve, avec les meilleurs dans la montagne, il se distinguait surtout en avril sur le Tour de Turquie, sur des routes tout aussi montagneuses, qu’il concluait à la deuxième place derrière Giovanni Visconti. Et en juin, ce fut la consécration grâce à une bataille de longue haleine face à Janez Brajkovic et Alberto Contador pour la victoire sur le Critérium du Dauphiné Libéré. Il finissait finalement troisième de l’épreuve précédant le Tour de France. Il n’était cependant pas repris sur la Grande Boucle juilletiste. Il allait plutôt disputer son premier Grand Tour en Espagne. Et première étape, premier succès pour le jeune coureur américain qui s’imposait avec le reste de sa formation sur le chrono par équipes inaugural de la Vuelta. Par la suite, bon nombre d’observateurs ont été déçus de ne pas voir le gaillard jouer les premiers rôles au classement général. Finalement 35e, il s’était surtout mis au travail pour Peter Velits, son équipier slovaque, qui a conclu la Vuelta à la 3e place. Un bel apprentissage. « Et pourquoi pas le Tour de France dans quelques années ? », assène l’Américain.

Bauke Mollema (P-B/Rabobank)

Certes, ce jeune coureur néerlandais de 24 ans évolue déjà depuis trois saisons dans l’équipe première de Rabobank. Il s’est tout simplement véritablement révélé lors de cette dernière année. Vainqueur du Tour de l’Avenir et du difficile Circuit Montanes en 2007, il n’avait jamais vraiment réussi à démontrer ses qualités de grimpeur, si ce n’est sur le dernier Tour d’Allemagne, en 2008, qu’il concluait à la 7e place. Finalement épargné par bon nombre de blessures, Mollema arrivait finalement en parfaite condition pour prendre part à son premier Grand Tour, le Tour d’Italie 2010. Sans réellement montrer le bout de son nez tout en restant régulier, le Néerlandais faisait son trou petit à petit au classement général et parvenait à conserver la 12e place finale au bout de trois semaines intenses. Un bel exploit pour le Néerlandais qui devient l’un des grands espoirs bataves aux côtés de son ami et coéquipier Robert Gesink, également âgé de 24 ans… Quelques mois plus tard, Mollema remporte son premier succès professionnel sur la grande étape montagneuse du Tour de Pologne. Il était cependant devancé par un autre grand espoir du peloton, Daniel Martin (voir ci-dessous). Toutefois, Mollema n’en a cure car il a déjà d’autres objectifs en tête. « Mon but, c’est de gagner le Tour de France », assure-t-il. Le cyclisme néerlandais a de quoi se réjouir.

Daniel Martin (Irl/Garmin-Transitions)

S’il est Irlandais, Daniel Martin a toutefois du sang britannique. En effet, il est le fils de Neil Martin, ancien cycliste britannique des années 80, et surtout de Maria Roche, sœur de l’ancien vainqueur du Tour, Stephen Roche. Pas étonnant donc que le coureur ait décidé de choisir la nationalité irlandaise malgré quelques victoires chez les juniors, dont le championnat de Grande-Bretagne. Agé de 24 ans, Martin a débuté précocement sa carrière professionnelle. Il signe son premier contrat en 2007 dans une nouvelle formation, Slipstream-Chipotle, dirigée par Jonathan Vaughters. C’est surtout en 2008 qu’il prend du galon grâce à une victoire de prestige au classement général de la Route du Sud face au vétéran français Christophe Moreau, avant de devenir pour la première fois de sa carrière champion d’Irlande. En 2009, il accumule encore les places d’honneur, notamment au Tour de Catalogne qu’il termine 2e ou le Tour de Lombardie où il prend place dans le Top-10 après avoir longtemps animé l’épreuve transalpine. Il lui faut cependant attendre la saison suivante pour redécouvrir les joies du succès. Et la deuxième partie de saison. Dès le mois d’août, il s’imposait sur une étape vallonnée du Tour de Pologne et s’assurait la victoire finale sur l’épreuve. Quelques jours plus tard, il remportait au nez et à la barbe des Italiens les Trois Vallées Varésines. Et au terme de la saison, alors que les Européens sont déjà en vacances, Martin s’imposait encore à la Japan Cup. Une belle foison de victoires pour Martin, qui devrait réagir comme un déclic pour le puncheur irlandais, désormais prêt à assurer la comparaison avec son cousin, Nicolas Roche.

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